108EME SESSION DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE DU TRAVAIL

La parole aux partenaires sociaux

Les partenaires sociaux burkinabè participent, du 10 au 21 juin 2019 à Genève, la capitale suisse, à la 108 ème session de la Conférence internationale du travail. Les représentants des organisations syndicales des travailleurs et le Conseil national du patronat burkinabè suivent le déroulement de la session consacrée au travail décent pour demain, aux côtés de la délégation gouvernementale.

Les premiers responsables des partenaires sociaux (syndicats et patronat) du Burkina séjournent à Genève pour participer à la session de la Conférence internationale du travail qui se penche sur l’avenir avec un travail décent. Interrogé par les médias burkinabè sur la contribution des employeurs à l’amélioration des conditions de travail des employés, le président du Conseil national du patronat burkinabè (CNPB), Apollinaire COAMPORE, soutient que des efforts sont consentis par le patronat. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les travailleurs soient dans de bonnes conditions.  Il appelle les travailleurs à plus de retenue, au regard du contexte actuel du Burkina Faso. « L’économie du Burkina, avec le contexte d’insécurité, est au ralenti. Tout est au ralenti. On ne peut pas augmenter des salaires tant qu’on ne gagne pas assez. Si la situation s’améliore, on pourra améliorer les salaires », déclare le président Apollinaire COMPOARE.

Les représentants des travailleurs souhaitent pour leur part que les conditions de travail soient davantage améliorées au Burkina Faso. Pour le président de mois des centrales syndicales, Yamba Georges KOUANDA, leur mission c’est de veiller à ce que les différentes conventions qui doivent réglementer le monde du travail puissent être ratifiées mais aussi de contrôler leur application sur le terrain. Pour lui, rien ne sert de ratifier une convention que vous savez que vous n’allez pas appliquer. M. KOUANDA dit attendre que le gouvernement applique au Burkina Faso toutes les conventions ratifiées.

Sur la question de la violence et le harcèlement au travail, les organisations syndicales entendent également suivre l’application de la convention si elle venait à être ratifiée par le Burkina Faso. « On ne peut pas parler de travail décent si le travailleur est agressé, que ce soit physiquement ou moralement au travail. On ne peut pas parler de travail décent si les conditions en termes de difficultés, d’heures de travail ne sont pas améliorées. Nous sommes là pour suivre ce qui se passe de façon à ce que nous puissions venir dire ce qui se passe au Burkina dans les prochaines années. Cette année, nous n’avons pas fait de critiques particulières mais il se pourrait que les années à venir, les organisations syndicales puissent se rencontrer et analyser tout ce qui se passe dans notre pays pour pouvoir venir porter la critique au niveau de la Conférence internationale du travail », explique M. KOUANDA.

Pour mémoire, « les définitions de la violence dans le monde du travail font référence à un vaste ensemble d’actes violents : la violence physique ayant entraîné la mort, des blessures ou des voies de fait ; la violence psychosociale/psychologique résultant de l’intimidation, du harcèlement et de la persécution ; et le harcèlement sexuel, la violence et les sévices sexuels. Cet ensemble peut aussi inclure les incidences de la violence domestique sur le lieu de travail ».

DCPM/MFPTPS