Direction générale de la protection sociale

Réflexion sur la prévention durable en milieu de travail

La Direction générale de la protection sociale (DGPS) tient les 23 et 24 mai 2019 à Koudougou un atelier de réflexion sur la sécurité et santé au travail. Cet atelier entre dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale de la sécurité et santé au travail (JMSST) et la Journée africaine de prévention de risques professionnels (JAPRP).

 « Construire les bases d’une prévention durable en milieu de travail en Afrique : un défi pour tous ». C’est le thème de l’atelier de réflexion qu’organise la Direction générale de la protection sociale (DGPS) dans la Cité du cavalier rouge, les 23 et 24 mai 2019. L’objectif est de réfléchir sur une approche de maintien durable de la sécurité et santé des travailleurs et la protection de l’environnement.
Après avoir souhaité la bienvenue aux participants et le bon déroulement de l’activité, la Directrice générale de la Protection sociale, Madame Flore Doussou BARRO/TRAORE a cédé sa place à deux communicateurs. L’un a présenté l’organisation de la prévention au Burkina Faso et l’autre s’est évertué à exposer sur la prévention durable.


De prime abord, le premier communicateur, l’Inspecteur du travail, Abdou Karim OUEDRAOGO, a fait savoir que selon les statistiques du Bureau international du travail (BIT), on déplore chaque jour dans le monde, la mort de 6 000 personnes, en moyenne, des suites d'un accident du travail ou d'une maladie d'origine professionnelle. Le Burkina Faso vit le phénomène. A en croire les statistiques révélées par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO), 6361 accidents du travail et maladies professionnelles ont été déclarés pour la période 2014-2016.
Et face aux conséquences néfastes qui peuvent en résulter et en vue de réduire l’incidence des risques professionnels, un dispositif a été mis en place en vue de les prévenir. Pour Monsieur Abdou Karim OUEDRAOGO ce dispositif repose sur « un cadre normatif assez fourni, un cadre institutionnel jugé approprié et des sources de financement variées pour la mise en œuvre des actions de prévention ».


Plusieurs structures interviennent chacune dans son domaine spécifique avec pour objectif la réduction, voire l’élimination des risques en milieu de travail. On distingue des structures étatiques et des structures propres à l’entreprise. Parmi les structures étatiques, il y a le Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale à travers : la Direction générale de la protection sociale, les Directions régionales du travail et de la trotection sociale, la CNSS, la CARFO, le Ministère de la Santé par le biais de l’Office de Santé des Travailleurs (OST), le Ministère des Mines et des Carrières à travers le Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB), le Ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques (MAAH) grâce à la Direction de la protection des végétaux et du conditionnement, le Ministère des Infrastructures à travers le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP), le Ministère des transports, de la mobilité urbaine et de la sécurité routière par l’intermédiaire de la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM).
En outre, il y a les comités de sécurité et santé au travail.
Depuis le 13 mai 2008, le code du travail en son article 249 fait obligation aux employeurs de créer un comité de sécurité et santé au travail (CSST) dans les établissements occupant au moins 30 travailleurs mais aussi la mise en place d’un service de santé au travail conformément à l’article 256 du code du travail, a rappelé Monsieur OUEDRAOGO.


Mais face à la multiplicité des acteurs intervenant dans la prévention avec des compétences différentes quoique complémentaires, le communicateur a souligné la nécessité d’une coordination de l’ensemble des interventions afin d’assurer une politique de prévention efficace.


Intervenant à son tour, l’Ingénieur Qualité Hygiène Sécurité Environnement, Chef du service Prévention des risques professionnels à la CNSS, Monsieur François Dassise SAWADOGO a défini la prévention des risques professionnels comme étant l’ensemble des mesures techniques, humaines, organisationnelles, juridiques et médicales destinées à réduire ou à supprimer les atteintes à la sécurité ou à la santé des travailleurs. Quant au principe de prévention durable, il est caractérisé, selon lui, par la prise en compte de la conciliation de trois piliers : le social, l’écologie et l’économie. Il a par ailleurs présenté les fondamentaux de la prévention durable, les outils de mise en œuvre d’une prévention durable, les indicateurs de performances et surtout l’état des lieux de la prévention des risques professionnels au Burkina Faso.


L’on retient qu’il existe plusieurs outils de mise en œuvre d’une prévention durable : le Plan national de développement économique et social (PNDES), la Politique nationale du travail (PNT), le Programme pays pour la promotion du travail décent (PPTD), la Politique nationale de protection sociale (PNPS). Il existe également des faiblesses. Ces faiblesses sont entre autres l’insuffisance de la recherche en sécurité et santé au travail (SST), la quasi inexistence de centres de recherche en SST, la non application des mesures d’incitation à la prévention souvent prévues par la législation, l’insuffisance et/ou non effectivité de l’application de la règlementation en matière de SST, la non ratification des conventions phares de l’OIT en matière de SST.


En guise de conclusion, Monsieur François Dassise SAWADOGO a réaffirmé que la santé, la sécurité des travailleurs et la prise en compte de l'environnement constituent les composantes clés d’une prévention durable, source de productivité des entreprises, de bien-être des travailleurs et de protection de l’écosystème. Il a invité chaque acteur à poser les actions appropriées en vue d’améliorer les performances en santé sécurité et environnement au Burkina Faso, gage d’un développement durable.


L’atelier regroupe une quarantaine de participants issus de secteurs public et privé.


DCPM/MFPTPS