CENTENAIRE DE L’OIT

Un panel tripartite pour réfléchir sur l’avenir du travail

La célébration du centenaire de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) se poursuit à Ouagadougou. Un panel tripartite composé d’un représentant du gouvernement, de celui des travailleurs et un autre du patronat s’est tenu ce jeudi 16 mai 2019 afin de réfléchir sur l’avenir du travail à l’ère des grandes mutations technologiques.

La célébration du centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT) a été marquée ce jeudi 16 mai par un panel tripartite animé conjointement par le président du mois des centrales syndicales, Monsieur Yamba Georges KOANDA, le représentant du Conseil national du patronat burkinabè (CNPB), Monsieur Harouna TOGOYENI et le gouvernement représenté par la Directrice générale du travail, Madame Colette FOROGO/YELKOUNI. Le modérateur était Monsieur Jean Marie NONGUIERMA, ex- Directeur général du travail.

« Centenaire de l’OIT : bilan et perspectives pour un travail décent au Burkina Faso ». C’est autour de ce thème national de la célébration au plan national du centenaire de l’OIT que les animateurs du panel ont échangé. L’initiative du panel tripartite sur l’avenir du travail a pour but, selon la représentante du gouvernement, Madame Colette FOROGO/YELKOUNI, d’engager une réflexion approfondie afin de donner à l’OIT les moyens analytiques dont elle aura besoin pour s’acquitter de sa mission de justice sociale au cours de son deuxième siècle d’existence. Pour ce faire et au regard des transformations futures qui affecteront forcement les sociétés dans leur ensemble, les gouvernements, les organisations d’employeurs et les travailleurs doivent, à travers le dialogue social, redynamiser le contrat social. Car c’est ce contrat qui assure aux travailleurs une juste part du progrès économique, un respect de leurs droits et une protection contre les risques en échange de leur contribution permanente à l’économie pour un avenir meilleur.

Analysant la situation, la Directrice générale du travail a indiqué que de nouvelles forces transforment le monde du travail et les transitions en jeu posent des questions urgentes. Les progrès qui ont engendré l’automatisation et la robotique peuvent aussi avoir pour conséquence la création ou la perte d’emplois, si bien que la problématique du marché de l’emploi dans un monde en pleine mutation se pose. A cela s’ajoute le rajeunissement de la population dans certaines régions qui pourrait aggraver le chômage des jeunes et les pressions migratoires. Le vieillissement dans d’autres régions exercera une pression supplémentaire sur les systèmes de sécurité sociale et de soins. Toutes ces situations compliquent davantage sans toutefois annihiler les efforts pour créer un travail décent.

A en croire la Directrice générale du travail, « des recommandations fortes ont été faites par les acteurs sur l’avenir du travail qui interpellent le gouvernement à plusieurs niveaux, notamment la mise en place d’un programme d’action centré sur l’humain pour l’avenir du travail et pour renforcer le contrat social ». Ce programme place les hommes, les femmes et le travail au centre de la politique économique et sociale et des pratiques des entreprises.

Le président de mois des centrales syndicales, Monsieur Yamba Georges KOANDA, s’est surtout focalisé sur le dialogue social et sur l’avenir du travail au Burkina Faso. Pour lui, « vu que le marché du travail est en diminution, il faut que l’Etat travaille dans le sens du respect du dialogue social sinon pour le moment nous ne pouvons pas dire que le dialogue social existe ni dans sa forme, ni dans son contenu ».

Le représentant des employeurs, Monsieur Harouna TOGOYENI, a quant à lui porté son regard sur les perspectives afin d’améliorer les politiques en matière d’emploi au Burkina Faso. C’est dans ce sens qu’il affirma que : « il faut travailler à adapter nos programmes de formation au besoin du marché de l’emploi dans un monde de plus en plus compétitif et où la technologie crée des chômeurs au fil du temps ».

Tout compte fait, selon la Directrice générale du travail, « il incombe à toutes les parties d’assumer la responsabilité de construire un avenir du travail juste et équitable ». « Une action urgente pour renforcer le contrat social dans chaque pays impose d’investir davantage dans le potentiel humain et dans les institutions du travail, et de tirer parti des possibilités de travail décent et durable », a-t-elle fait comprendre.

DCPM/MFPTPS